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Sailing Beyond Limits

Orque ibérique dans le détroit : que faire en mer ?

9 min de lecture

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Un groupe d’orques, nageoires dorsales hors de l’eau

Entre le détroit de Gibraltar et le golfe de Cadix vit l’une des plus petites et des plus étudiées des populations d’orques du monde : l’orque ibérique. Depuis 2020, elle est connue pour une raison qui a fait la une : certaines de ces orques interagissent avec des voiliers. Ce guide explique qui est cette population, quand et où il faut redoubler de prudence, ce que disent le ministère et les scientifiques, et que faire si vous naviguez dans la zone, sans dramatiser et avec des sources officielles.

Un mot sur le vocabulaire : le ministère espagnol de la Transition écologique (MITECO) souligne que ces interactions ne sont pas agressives et relèvent de comportements de jeu ou sociaux ; il déconseille donc de parler d’« attaques ».

Qui est l’orque ibérique

C’est une sous-population d’orques de l’Atlantique qui fréquente le détroit de Gibraltar et les eaux du golfe de Cadix. L’étude la plus récente, publiée dans Marine Mammal Science (2026) par une équipe de 34 auteurs qui a analysé 18 554 images d’identification et 26 échouages entre 2011 et 2023, conclut ceci :

  • Combien elles sont : une abondance stable, avec 37 individus en 2023. D’autres sources avancent des chiffres un peu différents (39 en 2011 et 35 en 2023, selon le Groupe de travail Orque Atlantique), car il s’agit d’années et de méthodes de comptage différentes : le plus prudent est de parler d’environ 35 à 39.
  • Comment elles se portent : la survie des jeunes s’est améliorée par rapport à avant 2011, mais celle des adultes a diminué, surtout chez les femelles. Les femelles mettent en moyenne 8,3 ans entre deux naissances et la population progresse très peu (0,46 %). La plupart des naissances ont lieu en été et en automne.
  • Taille : elles sont en général plus petites que la moyenne des autres populations d’orques dans le monde.
  • Alimentation : elles dépendent du thon rouge de l’Atlantique, d’après l’étude elle-même et le groupe de travail.
  • Nouvelles menaces : l’étude relève les activités de pêche et les interactions récentes avec des bateaux de plaisance.
Le détroit de Gibraltar vu depuis le Rocher, avec la côte africaine au loin
Le détroit de Gibraltar depuis le Rocher ; au loin, la côte africaine. Photo : Olaf Tausch (CC BY 3.0) · Wikimedia Commons

Statut de conservation

Le Catalogue espagnol des espèces menacées la classe comme vulnérable. À l’échelle internationale, d’après le résumé de l’étude de 2026, la sous-population a été évaluée « en danger critique » (CR) par l’UICN avec les données jusqu’en 2011 et remplit toujours cette catégorie en raison de sa faible abondance (critère D).

Où et quand redoubler de prudence

Selon le MITECO, ces orques utilisent régulièrement les eaux atlantiques espagnoles, du détroit le long du golfe de Cadix, et leurs déplacements suivent le thon rouge. Les recommandations aux navigateurs s’appliquent toute l’année, mais le ministère demande de redoubler de prudence à partir d’avril ; et ses propres communiqués ne s’accordent pas tout à fait, ce qu’il vaut mieux savoir :

  • La page officielle sur la population d’orques et la note du 14 août 2026 parlent d’avril à août.
  • La note du 1er avril 2026 parle d’avril à octobre et ajoute que, dans le détroit et le golfe de Cadix, les interactions ont continué de diminuer à l’été 2025.

Faute d’accord sur le dernier mois, le plus prudent est de compter sur avril à octobre et de toujours consulter la version en vigueur sur le site du ministère.

Que sont les « interactions avec des voiliers » ?

Depuis l’été 2020, des interactions de certains individus avec des voiliers ont été documentées, surtout dans le détroit et le golfe de Cadix. Voici ce qui ressort de la documentation officielle :

  • Le Comité scientifique de la Commission baleinière internationale (CBI) les examine depuis 2021 et les a qualifiées de graves et persistantes.
  • En février 2024 (6 au 8) s’est tenu à Madrid un atelier international réunissant des experts d’Espagne, du Portugal et du Maroc. Les recommandations aux navigateurs publiées ensuite en sont issues.
  • Depuis l’été 2022, le MITECO et CIRCE mènent un projet pilote (dans le cadre de LIFE INTEMARES) pour réduire les interactions avec les voiliers, en testant des dispositifs et des techniques de navigation. Le ministère a équipé six orques de balises satellites et partagé avec les autorités des cartes hebdomadaires approximatives afin que les navigateurs évitent les zones à risque.

Ce que recommande le ministère si vous naviguez

Les recommandations, publiées par le MITECO et le ministère des Transports (14 mai 2024) :

Infographie des cinq gestes que recommande le MITECO en cas d’interaction avec des orques et des mois de vigilance renforcée
Recommandations du MITECO et du MITMA.
  1. Évitez la zone délimitée pendant les mois de plus grand risque et, plus généralement, naviguez aussi près de la côte que la sécurité le permet.
  2. En cas d’interaction, n’arrêtez pas le bateau : faites cap vers la côte, vers des eaux moins profondes (au moteur ou à la voile).
  3. Sécurité à bord : gardez les personnes éloignées des bords et aux endroits les mieux protégés contre les mouvements brusques, les chutes et les éléments mobiles.
  4. N’utilisez aucun moyen dissuasif et évitez tout comportement qui pourrait blesser ou déranger les animaux.
  5. Prévenez le centre de coordination de sauvetage (CCS) le plus proche sur le canal 16 de la VHF (ou le canal de travail). Si c’est sans risque, envoyez des photos des animaux à orcas@sasemar.es.

Ce sont des recommandations ; le ministère ne parle pas d’interdiction de naviguer. Et elles se distinguent des règles pour observer les cétacés : la distance minimale de 60 m fixée par le décret royal 1727/2007 et les règles de conduite que nous expliquons dans notre guide des règles d’observation des dauphins (en anglais).

Une actualité récente : enquête sur de possibles plombs

Le 14 août 2026, le MITECO a annoncé l’ouverture d’actions préalables d’enquête après l’observation, dans les eaux de Gibraltar, d’une orque présentant de possibles traces de plombs sur la nageoire dorsale. Selon la note, le ministère en a eu connaissance le 11 août par l’organisation WeWhale, qui travaille dans la zone avec autorisation. Il rappelle que toute action nuisible envers cette population peut entraîner des sanctions graves ou très graves (la note cite des amendes allant jusqu’à 2 millions d’euros) et même une responsabilité pénale. Il s’agit de diligences préalables : il n’y a, pour l’instant, aucune conclusion.

Peut-on voir des orques lors d’une excursion ?

Avec prudence : l’observation commerciale des cétacés exige l’autorisation préalable du ministère (activité AROC), et dans la zone critique de l’Ensenada de Barbate, de Conil et du banc de Majuán, l’observation des cétacés est interdite du 1er mars au 31 août (ordre APM/427/2017). Par ailleurs, les orques sont des animaux sauvages et aucun opérateur ne peut garantir une observation. Si une excursion vous en promet une, demandez son autorisation.

Pour mieux comprendre

La vidéo ne se charge que lorsque vous appuyez sur « lecture » ; d’ici là, aucune connexion à YouTube n’est établie.

La recherche continue

En juin 2026, le MITECO a autorisé une campagne de recherche dans le détroit et la baie de Cadix, jusqu’à la fin de l’année, avec photo-identification et études acoustiques et comportementales, qui inclut aussi d’autres espèces de cétacés (selon la presse régionale). L’étude de 2026 insiste sur la nécessité d’un suivi à long terme.

Nous partons de Sotogrande et d’Estepona. Si les dauphins qui vivent dans la zone vous intéressent, consultez nos sorties d’observation des dauphins, le guide de Sotogrande et l’article Dauphin commun, bleu et blanc, grand dauphin pour apprendre à les distinguer.

Questions fréquentes

Les orques ibériques attaquent-elles les bateaux ?

Le ministère indique que les interactions ne sont pas agressives et relèvent de comportements de jeu ou sociaux ; c’est pourquoi il déconseille le mot « attaque ». Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas sérieuses pour ceux qui naviguent : c’est la raison d’être des recommandations officielles.

Combien y a-t-il d’orques ?

Entre 35 et 39 selon les sources et les années ; l’étude de 2026 donne 37 en 2023, avec une abondance stable.

Quand a-t-on le plus de chances d’en croiser ?

Le MITECO demande de redoubler de prudence à partir d’avril ; ses notes citent août ou octobre comme fin. Consultez la version en vigueur.

Que faire si elles m’entourent ?

Ne vous arrêtez pas ; faites cap vers la côte et des eaux moins profondes, éloignez les personnes des bords, n’utilisez pas de moyens dissuasifs et prévenez sur le canal 16 de la VHF. Ce sont les recommandations officielles ; consultez toujours la version actuelle.

Peut-on naviguer dans le détroit en été ?

Oui. Les recommandations s’appliquent toute l’année et le ministère demande plus de prudence à partir d’avril, mais ce sont des recommandations. Consultez la carte et les nouveautés sur sa page officielle avant de partir.

Peut-on en voir depuis Sotogrande ou Estepona ?

La zone que délimite le ministère est le golfe de Cadix et le détroit. Nous n’avons trouvé aucune donnée officielle d’observation d’orques sur la côte de Sotogrande ou d’Estepona et ne faisons donc aucune affirmation à ce sujet.

Sources

Dernière vérification : 26 octobre 2026. Nous n’avons pas pu ouvrir la page de la Liste rouge de l’UICN ; la catégorie est citée à travers l’étude de 2026. Les recommandations et cartes officielles sont mises à jour : consultez toujours la page du ministère avant de naviguer.

Prêt à naviguer ?

Des sorties dans la région, avec disponibilités en temps réel.

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